Selon le Monde, afin de pouvoir "exploiter les futurs TGV low cost dans des conditions structurellement différentes", la SNCF modifierait les rames TGV pour accueillir un nombre plus important de passagers. L'un des moyens envisagés par le transporteur, pour optimiser la quantité de sièges consisterait à supprimer purement et simplement la voiture-bar, ce qui permettrait de réduire d'autant plus sensiblement les coûts de la restauration à bord des TGV, confiée à des prestataires extérieur. Ce service constitue une activité nettement déficitaire pour la compagnie ferroviaire française.
Un TGV "low cost", à l'image des vols des compagnies aériennes à "bas coûts" qui ont obtenu un franc succès sur le marché du transport aérien. A priori, l'idée semble séduisante... même si, dans une large mesure, elle existe déjà.
En particulier avec les offres iDTGV ou TGV Prem's qui proposent, par exemple, un aller Lille-Marseille à 19 euros. La SNCF s'intéresse néanmoins à ce concept dont elle envisage l'extension dans le cadre de son plan stratégique à l'horizon 2015, discuté par le conseil d'administration réuni le 6 juillet. Plutôt que de réserver les offres les plus compétitives à un nombre déterminé de sièges, l'opérateur programmerait des trains entiers à "bas coûts" tout en les organisant de façon telle que leur rentabilité soit assurée.
Afin de pouvoir "exploiter ces trains dans des conditions structurellement différentes", les rames seraient modifiées pour accueillir un nombre plus important de passagers. L'un des moyens envisagés pour optimiser la quantité de sièges consisterait à supprimer la voiture-bar, ce qui permettrait de réduire d'autant plus sensiblement les coûts que la restauration à bord des TGV, confiée à des prestataires extérieurs, constitue une activité nettement déficitaire pour la SNCF.
Par ailleurs, ces lignes "low cost" ne seraient accessibles qu'avec le nouveau "e-billet" qui contribue à réduire les frais de fonctionnement. Testé depuis 2009 et étendu depuis début juin à vingt destinations, ce titre de transport est une simple référence client attribuée via Internet après l'achat du billet. Il suffit au voyageur, délivré de l'obligation du compostage, d'imprimer cet identifiant et de le présenter au contrôleur. A terme, le téléphone portable pourra aussi être utilisé comme support du titre de transport.
Ces trains conçus pour regrouper des voyageurs porteurs de billets promotionnels - et qui pourraient circuler à partir de 2012 - ne devraient pas révolutionner la politique tarifaire de l'entreprise. A la SNCF, on rappelle que le voyage à bord d'un TGV est facturé 42 euros en moyenne.
Ces projets dans le domaine du "low cost" - bien que le terme ne figure pas dans le document présenté devant le conseil d'administration - ne traduisent qu'un aspect de la stratégie de la société nationale. A l'autre extrémité du spectre commercial, elle réfléchit au développement de services "premium".
Dans le prolongement des formules "TGV-Pro" (réservation d'un taxi ou d'une place de parking, restauration à la place, accès à des salons en gare), une réflexion est lancée autour de nouvelles prestations destinées à des voyageurs disposés à payer un supplément pour les obtenir. Pour autant, les diverses expériences menées ces dernières années invitent à une certaine prudence les experts du marketing ferroviaire. A la SNCF, on rappelle qu'en 1981, lors du lancement de la première génération du TGV (Paris-Lyon), quatre rames avaient été aménagées pour ne recevoir que des sièges de première classe. Faute d'atteindre un taux de remplissage satisfaisant, elles furent transformées en rames classiques.
Ces projets témoignent d'une volonté d'occuper le terrain. Dès 2011-2012, la SNCF sera exposée à une concurrence inédite : Trenitalia sur Milan-Chambéry-Paris et Gênes-Marseille-Lyon-Paris, voire Deutsche Bahn sur Paris-Bruxelles-Londres. Ces rivaux miseront sur la qualité du service à bord. Et sans doute aussi sur l'agressivité de leur politique commerciale. Merci à "futur chômeur" pour l'info |
Commentaires
Mes pensées rejoignent les vôtres, cher Crémo59
L'idéale serait d'appartenir à 100% à la SNCF, comme notre consœur Elvetino (100% CFF).
Que nous réserve l'avenir ? Rendez-vous le 1er septembre 2012, date du nouveau contrat de restauration (le plus court de tout les contrats, puisque le 21 décembre 2012 c'est la fin d'un monde : le notre ).
Tante Ruth qui prépare ses réserves de nourriture pour 2012. Citer
- une façon de voyager pas chère, mais sans aucun service à bord (au vu de l'état des rames, peut-être n'y aurait-il même pas de toilettes fonctionnelles? lol); dans ce cas de figure, nous ne ferions probablement pas partie du concept...
- une autre façon de voyager, dans un confort a priori plus avéré, où l'on pourrait imaginer intégrer le service en proposant de la restauration à bord, et pourquoi pas en seconde aussi? Ce contexte de confort pourrait très bien être proposé par un personnel polyvalent, dans la mesure ou la virtualisation des titres de transports semble désormais acquise, et donc un personnel regroupant des anciens ACT et des anciens CDB (nous).
Conclusion: le compte à rebours a sans doute commencé, vers la fin de ce que nous connaissons pour notre métier; il reste 2 ans... Citer
A moins aujourd'hui d'opposer un démenti au journal Le Monde, qui tient ses infos de ... la SNCF!, il semblerait que nous soyons la seule organisation syndicale informée, alors que la CGT SNCF infirmait également l'information, pourtant donnée en Conseil d'Administration, dès ..2009!
alors ignorance ou manipulation?
il va sans dire que ce low-cost sera forcémment pris sur des destinations que nous déservons actuellement, parallelement couplé à un "service Premuim", et que nous maintenons notre position quant à une modification profonde de la restauration ferroviaire dans un proche avenir; il n'est d'ailleurs pas anodin que la SNCF ait choisi Cremonini comme prestataire, et entend bien épurer le personnel, leurs contrats etc.. afin de se rendre encore plus compétitive sur notre dos.
L'INTEGRATION A LA SNCF DES LA CREATION DES TGV NOUS AURAIT EVITE CETTE SITUATION, si certains n'avaient pas mis leurs intérêts avant l'intérêt collectif, et vu plus loin que le bout de leurs nez! Citer
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